La clinique de l’hallucination présente un phénomène psychotique où le sujet disparaît. La question se pose ainsi de l’existence de phénomène sans sujet qu’on qualifiera de subjectivité sans sujet. L’argumentation nécessite de revisiter cette notion philosophique et scientifique de « subjectivité sans sujet » de Wittgenstein jusqu’au mouvement éliminativiste en sciences. Le retour actuel de la subjectivité en science et en philosophie peut s’expliquer par une lecture de l’histoire de la subjectivité de Foucault. Wittgenstein et Foucault maintiennent l’existence d’un sujet éthique où le sujet de la psychanalyse lacanienne n’est pas en reste. La reconnaissance de nouvelles subjectivités s’articulant à la variabilité des normes par la construction identitaire de pratiques de soi peut contribuer à éclairer ce qu’on appelle aujourd’hui « les nouvelles pathologies » qui englobent les « pathologies de la limite ». L’hypothèse de l’auteur propose de reconnaître que certaines constructions subjectives appuyées sur des pratiques identitaires de soi sont des « solutions élégantes » à un potentiel psychotique. La diversité des normes et la variabilité des subjectivités permettent à bon escient de nouvelles formes cliniques qui restent déterminées par la notion de structure.