L’article s’intéresse aux compétences mobilisées par les habitants de quartiers populaires situés dans une région périphérique de Mexico, dans le cadre de leurs déplacements piétons quotidiens. La marche est au centre de nombreuses pratiques du quotidien dans ces espaces, mal connectés aux grands réseaux de transport métropolitains ; le local devient alors l’objet de stratégies d’ancrage. J’avancerai que dans un contexte urbain et social défavorable, habiter l’espace de la proximité nécessite des savoirs et savoir-faire spécifiques, notamment pour faire face à la problématique de l’insécurité des déplacements qui touche particulièrement les femmes. Cependant l’inégale distribution des compétences de la marche contribue à creuser certaines inégalités d’accès à l’espace.